ARCANE 509 : 

Mohamed

Extrait d'Arcana Dei

" Pour comprendre Mohamed, il faut comprendre son contexte et son époque. "

  1. Mohamed – Mohammed, Muhammad ou Mahomet – est né vers 570 apr. J.-C. à La Mecque, en Arabie, et mourut en 632 à Médine. Selon la tradition musulmane, il reçut à partir de 610 les révélations transmises par l’Archange Gabriel, qui constitueront le Coran. Il est considéré par les musulmans comme le dernier prophète de Dieu et le fondateur de l’islam.
  2. Pour comprendre sa vie et ses enseignements, il faut tenir compte du contexte de l’Arabie du VIIᵉ siècle : une société tribale, marquée par les rivalités entre clans, les inégalités sociales, l’esclavage et les vendettas ; et une situation souvent très dure pour les plus faibles. La situation des femmes était très variable selon les tribus, les régions et le statut social ; mais le plus souvent les femmes n’avaient aucun droit : elles pouvaient être vendues, offertes, battues ou tuées, comme du bétail…
  3. Son message – inspiré par le judaïsme et le christianisme – insiste sur l’unicité de Dieu, la prière, l’aumône, la responsabilité morale, la justice sociale, la protection des pauvres, des orphelins et des personnes vulnérables :

4:36 Agissez avec bonté envers vos père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession…
24:27 N’entrez pas dans les maisons d’autres avant d’avoir demandé la permission…
60:7 Il se peut qu’un jour Allah établisse de l’amitié entre vous et vos ennemis…
65:6 Faites que ces femmes (épouse après le divorce) habitent où vous habitez, suivant vos moyens. Ne cherchez pas à leur nuire en les contraignant à vivre à l’étroit…

  1. En 622, après avoir subi des persécutions à La Mecque (ville commerçante très riche d’environ 15 000 habitants), Mohamed émigra à Médine (ville agricole d’environ 10 000 habitants et rivale jalouse de La Mecque). Cet événement est appelé l’Hégire. À Médine, il devint à la fois guide spirituel, arbitre politique et chef de communauté. Puis, par des guerres et surtout des alliances diplomatiques, il finit par conquérir d’autres villes, y compris La Mecque.
  2. Il faut aussi replacer les épisodes de guerre dans ce contexte. Mohamed n’a pas seulement vécu comme un prédicateur isolé : il a dirigé une communauté menacée, prise dans des conflits tribaux, politiques et militaires. Les guerres de cette période (y compris les persécutions des Juifs, des mécréants, etc.) doivent donc être lues dans ce contexte : un monde où la survie collective dépendait souvent de la capacité à se défendre, à conclure des alliances et à maintenir l’unité du groupe. Cela n’empêche pas une lecture critique de certains épisodes, mais cela évite de les juger hors de leur époque.
  3. Un autre aspect important de son héritage concerne les droits accordés aux femmes. Dans le contexte de son temps, l’islam a reconnu aux femmes certains droits nouveaux ou renforcés : des droits liés au mariage, à l’héritage, à la propriété, à la dignité morale et à la protection contre certaines pratiques abusives. Il faut toutefois rester nuancé : ces droits doivent être compris dans le cadre historique du VIIᵉ siècle, et les débats sur la place des femmes dans les sociétés musulmanes ont beaucoup varié selon les époques, les pays et les interprétations. Dans le contexte du XXIe siècle, je pense que Mohamed aurait donné aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes, mais pour son temps ce qu’il fit se situait déjà à la limite de l’acceptable dans sa société.
  4. Le Coran est un livre du VIIᵉ siècle, écrit par des gens de l’époque et pour les gens de l’époque – durant la vie du Prophète et surtout pendant le règne du 1er calife Abou Bakr, qui dut combattre les apostats, durant les guerres de Ridda. Les infidèles (mécréants, idolâtres, etc.) étaient à l’époque ceux qui menaçaient la survie et l’existence des premiers musulmans ; et c’est pourquoi, dans des centaines de versets, les pires maux sont tous pour eux : châtiment divin, souffrance, guerre, vengeance, etc. Il faut aussi comprendre qu’à l’époque, soit on devenait suffisamment fort pour dominer les autres soit on risquait de périr. Interpréter aujourd’hui le Coran au pied de la lettre, ce serait extrêmement dangereux : cela conduirait à une guerre incessante contre tous les autres ! Or, le Coran se présente lui-même comme étant en partie symbolique et ouvert à une interprétation plus large ; et il est évident que c’est aussi un livre historique, et l’histoire nécessite toujours un regard averti, pour parvenir à une réelle compréhension. Puis, si l’on déchiffre bien l’esprit de Mohamed, on remarque que c’était quelqu’un de bien et qu’il avait de bonnes intentions : la paix, la fraternité, la miséricorde, la solidarité, l’aumône, la justice sociale, etc. Mais, comme pour tous les autres personnages, il est évident que pour comprendre Mohamed il faut comprendre son contexte et son époque.
  5. Durant des siècles, les califes et les intellectuels musulmans regardèrent le Coran avec discernement et furent porteurs de science et de connaissance ; sans craindre l’effondrement de leur doctrine. Beaucoup de connaissances de la Grèce antique arrivèrent en Europe par l’intermédiaire des savants arabes.
  6. Puis, tout comme les chrétiens doctrinaires qui ont combattu la science, les islamistes agissent aussi, en partie, par peur : par peur que les lumières de la science dissipent l’obscurité et fassent disparaître les fondements de leur dogme. Celui qui est confiant, n’a pas peur de la vérité.
  7. Les hommes font l’Histoire mais ils ne savent pas l’Histoire qu’ils font. Mohamed avait de bonnes intentions. Mais le Coran est un livre très chargé de violence, tout comme le fut son époque ; et le rapport aux infidèles (mécréants, athées, polythéistes, non-croyants, etc.) est extrêmement agressif et intolérant ! Sans une interprétation sage, très sage, tenant compte du contexte historique, ce livre pose un problème majeur pour l’Humanité.
  8. Si beaucoup de musulmans s’entendent bien aujourd’hui avec les autres êtres humains ce n’est pas grâce au Coran ; mais c’est parce qu’avant d’être musulmans, ils sont aussi des êtres humains doués d’intelligence et de sensibilité. C’est dans l’interprétation radicale, ou rigoureuse, ou dans le fanatisme, que nous pouvons voir au mieux quelle est la charge spirituelle d’un texte : un chrétien fanatique qui veut réellement servir Jésus et suivre scrupuleusement ses enseignements prendra les risques sur lui-même sans faire de mal à personne. Il agira comme son Maître et prêchera « la bonne parole » : la tolérance, la compassion, la bonté, l’amour de son prochain, la paix, etc. – comme on en rencontre beaucoup dans diverses obédiences ; d’ailleurs, les chrétiens fanatiques sont nombreux aujourd’hui, sans pour autant constituer nécessairement une menace. En revanche, un musulman fanatique peut se retourner de manière très violente contre les autres, et notamment contre les mécréants en tout genre ! Un musulman fanatique vis-à-vis de musulmans qu’il considère dignes de respect, peut être quelqu’un de valeureux : honnête, respectueux, bienveillant, généreux, etc. ; en revanche, le même musulman fanatique vis-à-vis de mécréants qu’il considère comme des personnes égarées – c’est-à-dire des débauchés, des dépravés, des lâches, des infidèles indignes de respect – peut se comporter comme un criminel, car sa déconsidération envers les mécréants est immense, profonde et active. Que ce soit pour les châtier ou pour sauver leur âme, le musulman fanatique peut avoir un rapport agressif envers les mécréants. Donc, ce qui pose problème dans l’islam c’est le rapport à l’autre ; puisque le mécréant c’est l’autre. Et le rapport aux mécréants (non croyants, apostats, infidèles, etc.) est central dans le Coran – dans des centaines et des centaines de versets à divers degrés – et, globalement, il est extrêmement mauvais, conflictuel et destructeur :

9:29 : Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité…
47:4 Lorsque vous rencontrez les infidèles tuez-les…
76:4 Nous avons préparé pour les mécréants des chaînes, des carcans et une fournaise ardente.
77:15, 19, 24, 28, 34, 37, 40, 45, 47, 49 Malheur, ce jour-là, aux incrédules…

  1. Plusieurs facteurs influencent simultanément chaque civilisation : les religions (ou la spiritualité), les aspirations profondes, la Réalité et la sensibilité humaine sont parmi les plus importants. Si la sagesse l’emporte sur l’ignorance, alors un jour les musulmans pourront – religieusement parlant et non pas seulement humainement – vivre fraternellement avec les autres, y compris avec les mécréants. Le christianisme c’est l’Amour de son prochain y compris si son prochain est un mécréant. L’islam c’est l’Amour de son prochain, mais uniquement si son prochain est un fidèle : un bon musulman ; en revanche, l’islam c’est la Haine de son prochain si son prochain est un mécréant : et c’est Là le problème central du Coran. Il n’est pas facile maintenant de remplacer la Haine de l’Autre (du mécréant) par le Respect !
  2. Aujourd’hui le monde traverse la plus grande Crise de tous les temps, et dans cette crise générale, il y a naturellement aussi une crise spirituelle majeure ; et les musulmans sont peut-être plus encore touchés que les autres. En ce moment rien n’est encore joué pour l’islam : l’avenir nous dira si le Coran sera placé du côté des Ténèbres ou du côté de la Lumière. Comme le Coran est un livre qui ne peut pas accepter des modifications structurelles, la seule possibilité pour que le Respect puisse s’appliquer aussi aux mécréants en tout genre c’est : beaucoup de sagesse. Beaucoup de sagesse pour comprendre déjà le contexte : pour saisir à quel point le Coran est aussi un livre d’histoire qu’il faut interpréter en fonction de tous les paramètres historiques ; et beaucoup de sagesse aussi pour comprendre Mohamed lui-même, pour voir ses véritables intentions au-delà des faits historiques. Certes, Mohamed lança les hostilités en critiquant les idolâtres et les mécréants, mais au début il n’avait pas l’intention de s’en prendre physiquement aux autres, ni de les tuer, ni de les haïr. Les mécréants, agacés par ses propos, entamèrent une contre-offensive qui devint rapidement physique… Mohamed étant plus intelligent qu’eux, ils réalisèrent rapidement qu’ils ne pouvaient pas le combattre intellectuellement, par des arguments, par conséquent, les menaces et la volonté de s’en prendre à lui physiquement arrivèrent très vite… Le contexte conflictuel entre les tribus et les luttes pour l’influence politique firent le reste. Réfugié à Médine, Mohamed va utiliser son intelligence pour prendre l’ascendant. Ainsi, dans ce contexte brutal, la guerre (contre les mécréants et les idolâtres) marqua profondément la vie de Mohamed et le Coran. Ce qu’il faut surtout saisir aujourd’hui c’est que la haine de l’autre n’était pas l’objectif de Mohamed : le Coran ne représente qu’en partie ses intentions, et la sagesse permet, entre autres, de distinguer sa personnalité des faits historiques dus aux conjonctures. Globalement – en comptabilisant ses faits historiques, ainsi que ses enseignements et ses intentions – Mohamed se trouve entre Hitler et Jésus : plus proche de Hitler dans les actes, plus proche de Jésus dans les intentions et les enseignements ; plus proche de Hitler dans les lois profanes, plus proche de Jésus dans les aspirations spirituelles ; plus proche de Hitler dans le rapport à l’Autre, plus proche de Jésus dans le rapport à Dieu… Ainsi, le Coran peut conduire vers les Ténèbres, mais il peut aussi conduire vers la Lumière.
  3. Musulmans, Que la Sagesse soit avec vous !