ARCANE 109 :
La Transition
Extrait d'Arcana Dei
" Choisis tes combats, sinon les autres les choisiront pour toi."
- Pendant une certaine période, l’humanité sera traversée par une grande ligne de fracture entre deux courants opposés : d’un côté les partisans de la science, de l’autre ceux qui s’y opposeront. Les antisciences deviendront moins nombreux avec le temps, mais aussi plus virulents, animés par le désir d’un retour à des origines idéalisées, sans toujours voir qu’un tel retour est presque impossible sans les moyens mêmes de la science et de la technologie qu’ils rejettent. Le conflit ne sera pas seulement celui de deux opinions, mais celui de deux visions de l’Homme : l’une acceptera que l’humanité ait pour vocation de se dépasser elle-même, d’augmenter son savoir, sa maîtrise et sa liberté ; l’autre voudra freiner ce mouvement au nom du passé, de la peur, de l’écologie, du sacré figé ou d’un idéal de limite élevé contre l’élan même de la condition humaine.
- Si l’humanité ne se détruit pas elle-même, les tenants de la science finiront par l’emporter, parce que leur position est plus cohérente avec les aspirations profondes de l’être humain : sortir de la misère, vaincre les maladies et la mort, réduire la souffrance et tendre vers une forme de paradis terrestre construit par l’intelligence, la connaissance et la maîtrise du réel.
- En face, les adversaires de cette dynamique apparaîtront souvent comme enfermés dans le dogme, l’ignorance ou la contradiction, refusant en parole ce qu’ils continuent pourtant d’utiliser dans les faits. Leur position sera de moins en moins en accord, non seulement avec leurs propres comportements, mais aussi avec le mouvement profond de l’humanité.
- Ceux qui marcheront avec la science finiront par triompher, parce qu’ils seront portés par la logique même du désir humain de dépassement, de guérison, de puissance et d’émancipation.
- Les adversaires de la science ne disparaîtront pas d’un coup. Ils deviendront même, à mesure qu’ils seront moins nombreux, plus tendus, plus virulents, plus passionnément attachés à l’idée d’un retour aux origines, à une pureté perdue, à un monde antérieur à la puissance technique. Mais leur position portera en elle une contradiction profonde : ils voudront souvent revenir à un état ancien sans savoir comment le rendre vivable sans recourir aux instruments mêmes qu’ils condamnent. Leur refus se heurtera sans cesse à cette évidence : on ne revient pas innocemment en arrière quand l’histoire a déjà transformé les conditions mêmes de l’existence. Ils seront considérés comme des miséreux (des miséreux d’esprit) et des hypocrites, ce qui augmentera encore leur frustration.
- Plus tard, ils finiront par se normaliser en dirigeant leur énergie vers des projets de préservation de l’environnement en alliance étroite avec la science et en se concentrant également sur la sauvegarde des coutumes, des langues, du patrimoine, etc. toujours massivement aidés par les outils engendrés par la Science. Ainsi, l’évidence les poussera à faire preuve de moins de radicalité contre le progrès scientifique.
- En face, les partisans de la science apparaîtront progressivement comme les héritiers les plus cohérents du mouvement profond de l’humanité. Car au fond, que cherche l’être humain depuis toujours ? À sortir de la misère, à soulager la souffrance, à vaincre la maladie, à repousser la fatalité, à éclairer l’inconnu, à agrandir sa puissance d’être, et peut-être même, un jour, à désarmer la mort elle-même ; la science ne fait que donner une forme méthodique, lucide et cumulative à cette volonté immémoriale.
- L’avenir de l’Humanité sera décidé par les pays qui développeront les IA les plus puissantes en ces temps, à l’horizon de 2030 ; car de leur maîtrise dépendront tous les autres secteurs technologiques et économiques ainsi que la puissance militaire. L’autre facteur clé sera l’occupation de certaines régions stratégiques sur la Lune. Il faut comprendre que les secteurs économiques liés au spatial deviendront un jour beaucoup plus importants que tout le reste de l’économie. Les pays dépourvus d’économie spatiale seront insignifiants. Et la Lune va jouer un rôle essentiel pour développer les compétences nécessaires pour aller plus loin ; de plus, elle offrira rapidement des ouvertures économiques importantes grâce au tourisme. Mais sur la Lune les températures montent à +130°C en journée et descendent à – 170°C la nuit. Plus tard, il sera possible de construire partout des dômes, qui offriront une protection complète ainsi qu’une optimisation constante de la température ; et la vie pourra évoluer à l’intérieur pratiquement comme sur Terre. Mais au début de l’aventure spatiale, il sera beaucoup plus facile de s’installer, de se développer et de prospérer dans quelques régions stratégiques proches des pôles et sur des versants bien orientés où les températures sont déjà optimales, et les ressources en H2O sont proches. Ceux qui occuperont ces régions stratégiques auront le vent en poupe… pour devenir ensuite des puissances et des économies spatiales. Les autres deviendront leurs sous-traitants, leurs vassaux ; puis ils disparaîtront en tant que nations. Sans l’occupation de régions stratégiques sur la Lune, il sera beaucoup plus difficile d’aller plus loin. Ensuite, entre ceux qui auront une économie spatiale et les autres, l’écart scientifique, technologique, militaire et économique se creusera très rapidement et de manière irréversible. Il n’est pas encore impossible que l’Inde, la Russie ou le Brésil se tournent vers les Européens pour leur dire : « Nous, nous avons le moral, et vous les compétences… allons-y, sinon nous allons disparaître ! » Mais en 2030 uniquement la Chine et les USA seront réellement dans la course ; et dans quelques années, les dés seront jetés.
9. Choisis tes combats, sinon les autres les choisiront pour toi.